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Essai – Subaru WRX STi

Lorsque j’ai reçu la confirmation du prêt de cette Subaru WRX STi S, j’ai essayé d’imaginer à quoi allait ressembler mon weekend.

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Sauf que je ne suis pas du tout pilote de rallye, et que je tiens un peu à ma vie quand même. Mais si ce sont ces images qui me sont venues en premier, spontanément, ça n’est pas pour rien. Déjà parce qu’on n’en voit pas beaucoup dans la rue, des Subaru. Ou plutôt plus beaucoup, parce qu’à une époque celle qui s’appelait encore Imprezza représentait 50% des ventes de la marque. Pourquoi cette voiture s’est-elle si bien vendue à la fin des années 90 ? Soit vous êtes trop jeune, soit vous aviez poney, je ne vois que ça. Je ne vous en veux pas et je vais même vous raconter pourquoi. De 1993 à 2008 Subaru remportait des podiums sur tout ce qui pouvait ressembler à du Rallye, avec le concours de surhommes comme Burns, Solberg ou encore Mc Rae. Des pilotes – surtout le dernier – considérés comme des demi dieux. Ce gars finissait ses voitures courses coûte que coûte : Un tonneau ? Rien à foutre je remets ma voiture sur les roues et je repars. Un second tonneau ? Rien à battre je te dis, tant que je peux me remettre au volant ! Une direction cassée ? M’en fous je finis la course en allant tout droit ! Plus de freins ? Pas besoin. Son ex copilote le raconte d’ailleurs en une petite vidéo, c’est tout simplement magique :

Nous y voilà : sur le parking de Subaru France. Elle me regarde, je la regarde. J’appuie sur la télécommande, elle s’ouvre. Je rappuie, elle se ferme. J’ai l’impression qu’elle me fait des clins d’oeil alors je continue. Probablement qu’à ce moment là depuis les bureaux ils me prennent pour un taré, et m’observent par la fenêtre : « Hey machin, le blogueur là, il est pas un peu bizarre ? ». Mais ça j’y ai pensé après, parce que sur le moment je voulais prendre le temps, et savourer chaque seconde passée avec ce mythe automobile. Avec celle dont le seul nom rime avec titres et podiums par dizaines. Une clé à l’ancienne, que je devrai actionner pour réveiller le coeur de la bestiole. Embrayage enfoncé, contact, et le 4 cylindres boxer se réveille en montant haut dans les tours. Il faut dire qu’il faisait froid ce matin là, et que c’était bien le minimum que de se mettre en température. J’en profite donc pour régler mon siège qui me rappelle vaguement celui de sa très lointaine cousine GT 86. Position de conduite parfaite, tout se trouve à distance idéale et la position est un rien haute – exactement comme dans une voiture de rallye. Coïncidence ? Je ne pense pas.

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L’aiguille indique désormais que le liquide de refroidissement est à mi température, je peux me mettre en route.
Je débraye pour enclencher la première vitesse, ce qui ne se produit pas sans un petit craquement. J’apprendrai lors des kilomètres qui suivront qu’il faudra systématiquement attendre que l’huile de boîte soit à température, elle aussi, pour pouvoir profiter de passages parfaitement fluides. Le point de patinage de l’embrayage quant à lui, se trouve dans une minuscule zone, située quelque part entre « je lève le pied et il ne se passe strictement rien », et « j’ai calé ». La Subaru impose à son pilote de la finesse et de l’attention. Ne la prend pas en mains qui veut et ça se ressent dès la première minute à son volant. Chaque mise en route, chaque feu vert qui s’allume devient un véritable défi. Ne pas caler, ne pas faire patiner de trop l’embrayage. A son volant on s’efforce de se perfectionner, à chaque démarrage, et on rit chaque fois qu’on se sent progresser – seul au volant. Et là ce sont les autres automobilistes qui vous prennent pour un taré : « chéri le monsieur a l’air super content d’avoir passé la première. C’est très bizarre, il crie et lève les mains au ciel. Il pleure de joie, même. Chéri ce monsieur me fait peur, tu peux changer de route s’il te plaît ? ». Bref une nouvelle fois, tout comme dans une voiture de rallye dont la mécanique est totalement brute, il faut que tout soit à température idéale dans cette WRX STi, que les fluides et les alliages se soient correctement dilatés, pour que cela fonctionne sans accro. Et pour être tout à fait honnête je ne m’attendais pas à cela de la part de cette auto, et de ce nouveau modèle en particulier. J’avais lu ça et là qu’elle avait perdu son âme de décolleuse de bitume et de tueuse de spéciales. Certains l’ont trouvée trop embourgeoisée, aseptisée. Je n’ai pas essayé les précédentes générations, et je veux bien croire qu’elles étaient plus rudes encore, mais je peux vous dire que cette WRX STi est loin d’être une voiture de luxe, ou même une voiture qu’on peut qualifier de confortable. Elle est certes un peu plus vivable qu’une Mitsubishi Evo X, mais est-ce bien difficile ? Un peu plus vivable, tout juste. Mon modèle d’essai ne disposait pas de GPS, un autoradio venu d’un autre temps siégeait sur la console. Je ne l’utiliserais qu’une fois dans les bouchons, le reste du temps j’écouterais le 2,5 turbo chanter, et utiliserais mon téléphone pour m’orienter.

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Grave à bas régime, il fait presque penser à un cinq cylindres. A la moindre sollicitation en revanche, le turbo répond de suite présent, et le moteur abandonne les graves pour les aigus, dans une poussée aussi constante que puissante, sans être fulgurante. Pour être précis, c’est notre cerveau qui n’associe pas cette poussée à celle d’une auto de 300 chevaux. Pourquoi ? Un châssis capable d’en encaisser le double, une transmission 50/50 qui jamais ne faillit, une direction millimétrée et des freins de camion. Tout simplement, exactement comment dans l’Evo que j’avais tant apprécié.Evidemment quand on met flat out la caisse réagit avec moins de fougue qu’une propulsion de la même puissance. Elle n’aime pas les burns c’est sûr, elle ne sait pas faire. En revanche si vous avez un virage de référence, que ça soit au volant d’une traction ou d’une propulsion, avec la WRX STi sachez que vous y passerez au moins 40 fois plus vite. Oui, quarante fois, soit une vitesse de passage en courbe d’à peu près 320 km/h en moyenne, tout en ayant l’impression que vous n’atteignez même pas 10% des capacités du châssis.

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Un autre truc qui est dingue au volant de cette voiture, c’est le regard des gens. En deux jours j’aurais croisé
une autre Subaru plus vieilles d’au moins dix ans, dont le conducteur m’a fait un combo d’appels de phares et de signe de la main par la fenêtre en me croisant. Probablement un rituel entre initiés. Un groupe de gendarmes sur une nationale, à l’approche duquel j’ai instinctivement levé le pied. J’ai eu droit à un sourire et à plusieurs pouces levés une fois à leur niveau. Des dizaines d’enfants qui ont tous été subjugués par la taille de l’aileron qui trône à l’arrière de la voiture, et qui le montraient du doigt à leurs parents (dont certains ont manqué de perdre le contrôle de leur véhicule en voyant la Subaru). Cet aileron n’a pas impressionné que les enfants : j’ai moi-même été victime de ce gros objet à plusieurs reprises. C’est bien simple, il est tellement grand que j’avais constamment l’impression d’être suivi. Dans les rétroviseurs, dans mon champ de vision lorsque je vérifiais mes angles morts. Je me suis même réveillé une fois la nuit, en me demandant s’il n’était pas derrière moi, dans mon lit. Heureusement la porte de mon appartement est bien trop étroite pour qu’il puisse y entrer. ça n’est finalement qu’après plusieurs heures que j’ai réalisé que cet aileron n’avait rien de maléfique, bien au contraire. C’est en fait un ange gardien qui participe à la fois à flatter votre égo de par sa taille, mais également à maintenir l’arrière de la voiture plaqué au sol, en apportant un appui de près de seize tonnes. Jugez par vous-même de la taille de l’engin, il est présent sur toutes les photos qui vont suivre.

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J’aurai parcouru quelques 500 km au volant de cette voiture et j’y ai pris énormément de plaisir. Dès les premiers tours de roues j’avais déjà l’impression d’être en pleine spéciale de rallye. Le son de l’échappement, le pédalier taillé pour les talons-pointes, la précision rarement observée dans une voiture de série… tout participe à vous procurer des sensations fortes. Même si j’aurais globalement respecté les limitations de vitesse, je n’ai pas eu le pied léger et aurais été constamment à l’attaque. Notamment sur le bon tiers de départementales qui aura composé mon essai. Au volant de sa rivale Evo X ma consommation moyenne aurait été proche de l’infini, mais la Subaru s’est finalement contentée de 13,5 l/100. Presque raisonnable au vu du gabarit, du moteur et de la transmission venus d’un autre temps, de celui où seule la performance importait s’agissant d’une voiture de sport. Cette voiture je l’aime d’amour, et même si son esthétique ne s’assume pas facilement j’en suis devenu un fervent adorateur. Tout comme la couleur rouge, un gros aileron et quatre sorties d’échappement ça permet d’aller beaucoup plus vite. Ajoutez à cela les insignes WRX et STi, et je vous laisse imaginer le résultat. Merci Subaru de continuer de faire des voitures aussi folles, et prévenez moi si vous comptez arrêter un jour pour que vite j’en achète une avant !

Fiche technique Subaru WRX STi

Moteur : 4 cylindres à plat 2457 cm³ 16 soupapes Turbo
Puissance Maxi : 300 ch à 6000 tr/min
Couple Maxi : 407 Nm à 4000 tr/min

0 à 100 km/h : 4.9 secondes
0 à 200 km/h : n/a
100 à 0 km/h : n/a
400m départ arrêté : n/a
1000m départ arrêté : n/a

Transmission : Intégrale
Boite de vitesses : Manuelle à 6 rapports
Pneus : 245x40x18 AV – 245x40x18 AR
Freins Av : Disques ventilés étriers fixes 4 pistons
Freins Ar : Disques ventilés étriers flottans 2 pistons

Dimensions : 4595x1795x1475 mm

Poids Annoncé : 1527 kg
Poids UE en marche : 1527 kg

Consommation Urbaine : 14.1 l/100km
Consommation Extra-Urbaine : 8.4 l/100km
Consommation Mixte : 10.5 l/100km
Consommation Sportive : 23 l/100km
Capacité Réservoir : 60 litres

Emissions de CO2 : 243
Puissance Fiscale : 21 cv
Année de lancement : 2014
Prix de base neuf indicatif : 44950 €

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2 Comments

  • Jerrygolay <3

  • Vraiment très classe…j’ai eu la chance d’essayer une Impreza sur le circuit de la Ferté Gaucher, piste humide et…comment dire…? Un pur régal ! Vraiment une voiture à part…

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