Nos essais publié par

Essai – Maserati Ghibli S Q4

Quand on cherche une berline grande et puissante, On oublie trop souvent qu’il existe des alternatives aux allemandes. Comment ça, non ? Ok citez m’en trois de plus de 400 chevaux pour voir, et qui ne soient ni des Mercedes, des Audi ou encore BMW.

Non.

Citroen C6 HDi 240 FAP

Toujours pas.

peugeot_508_01

LOL MDR

Fiat Tempra

Et sinon ça ne vous dit rien, ça ?

Garage des Blogs GDB OFF 122014-42

On oublie encore trop souvent Maserati, et pourtant la marque au trident propose depuis 1963 la Quattroporte (que vous aurez aisément traduit  en « 4 portes ») : une grande, luxueuse et puissante berline dont le V8 développait déjà 260 chevaux à l’époque. Au total ce sont six générations de Quattroporte qui se sont succédées en 51 ans, mais rassurez-vous si ce modèle ne vous est pas venu spontanément à l’esprit c’est parce que les volumes de production (et donc de ventes) ont été très faibles : moins de 6000 voitures au total entre le premier et le quatrième modèle (1963 à 2001).

Comme je suis sympa je vais vous en dire un peu plus au sujet de cette jolie marque, et plus précisément sur sa propension historique à concurrencer proposer des alternatives à celles qui semblent êtres des passages obligés sur le marché des grandes berlines sportives. Commençons par le logo : le trident aurait été inspiré à Mario Maserati par la fontaine de Neptune de Bologne. Mario n’aurait pas vraiment été impliqué dans la création de la marque, mais vu qu’il était un peu artiste c’est à lui qu’on a confié le rôle de ce dessin. Classe !

61168_bologna-fuentedeneptuno

La création de la marque est d’abord due à son grand frère Alfieri, et à quatre autres de ses frères dont je vous fais l’économie des prénoms. Si vous voulez en savoir plus c’est par ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maserati. Vous apprendrez entre autres anecdotes que l’activité de la marque a commencé par la fabrication de vélos ou encore de bougies d’allumage. Ça n’est qu’en 1926 que la première voiture siglée Maserati voit le jour : la Tipo 26 qui concurrençait alors les Bugatti.

tipo26_25

Les décénnies qui ont suivi ont été un peu mouvementées : 1963 la marque est cédée à la famille Orsi, en 1968 c’est Citroën qui la rachète pour pouvoir bénéficier de ses moteurs V6, en 1975 De Tomaso reprend la marque alors en faillite, en 1983 c’est Chrysler qui en prend le contrôle (l’histoire inversera d’ailleurs la tendance quelques années plus tard), en 1987 Fiat en devient propriétaire et en 1997 Maserati fusionne avec Ferrari son ennemi de toujours. Je vous avais prévenu, des années compliquées.

Quel qu’est été le repreneur en revanche, à côté des coupés et cabriolets ultra sportifs il y a à chaque fois eu la Quattroporte. Comme pour encore et toujours narguer les allemandes et les anglaises, reines du confort et de la vitesse. En 2004 la Quattroporte est même sacrée berline la plus rapide du monde avec une vitesse mesurée à 272,90 km/h ! Une certaine Flying Spur lui reprendra ce titre quelques mois plus tard, mais tout de même !
Depuis 2004 et avec cette nouvelle Quattroporte, les ventes croissent et il semblerait que cela n’ait pas laissé Sergio Machionne – PDG actuel de la marque – indifférent.

Mieux encore : il décide de ressortir des archives un modèle mythique, quitte à le déformer un peu en lui ajoutant deux portes (je l’imagine bien dire à ses équipes : « tkt personne remarquera lol »). C’était en 2013 au Salon de Shangaï, c’était la résurrection de la mythique Ghibli. Deux portes de plus donc, parce que visiblement ça fait vendre sur un segment qui pèse très lourd en business. Mais surtout le retour de ce qui a fait la réputation et l’image de ce modèle sous l’ère De Tomaso : un V6 bi-turbo ! Cerise sur le gâteau : ce moteur est développé, conçu et monté dans les ateliers Ferrari.

Garage des Blogs GDB OFF 122014-44

Les grands moyens ont donc été sortis pour faire naître un nouveau mythe, car bien que l’ambition commerciale soit clairement affichée (passer de 15 000 voitures vendues en 2013 à 75 000 en 2018), le PDG de la marque précise que cela devra se faire en maintenant des niveaux d’exigence, de qualité, de confort et d’exception dignes de Maserati. Je suis plutôt d’accord avec ce monsieur, l’idée et le parti-pris me plaisent. En revanche je ne crois que ce que je vois, et je suis donc allé vérifier si cette nouvelle née Ghibli tenait bien ses promesses.

Garage des Blogs GDB OFF 122014-43

Me voici donc dans les bouchons parisiens en compagnie de Brice, en route pour un weekend avec les potes du Garage des Blogs. C’est parti pour 200 km d’autoroute et 120 km de départementales. De nuit. Sous la pluie. Avec les 410 chevaux du V6 bi-turbo sous le pied droit. Ça aurait pu me stresser, mais non. Pourquoi ? Parce que Q4. Quatre roues motrices, et une monte de pneus hiver. Même pas peur du froid ou de la pluie !

Confortablement installé on enclenche la boîte de vitesse automatique. Premier couac : j’ai un peu de mal à trouver la position « D », c’est un coup à prendre mais cela demande une certaine attention à chaque fois. Il paraît que les voitures d’exception se méritent et s’apprécient aussi à travers leurs défauts. Je laisse donc passer à dame Ghibli ce petit détail sans lui en tenir rigueur. Une fois cela oublié la voiture se conduit du bout des doigts : son gabarit, bien qu’imposant, est très vite intégré et me voilà en train de me faufiler dans le trafic comme si je connaissais cette auto depuis toujours. Je passe récupérer un peu de matériel vidéo, puis Brice et ses 65 sliders et trépieds (il voyageait léger). Le gigantesque coffre les a tous avalés sans sourciller (sauf Brice qui aura dû s’asseoir à côté de moi) et un seul petit sac à dos aura fini sur la banquette arrière, et encore c’était parce qu’il contenait des biscuits pour la route.

Garage des Blogs GDB OFF 122014-23

Une fois sur l’A5 on cale le régulateur à 240 130 et on se laisse porter. Le système son de très bonne facture distille la musique de mon téléphone dans l’habitacle, et le confort des sièges prolonge la durée de résistance de mes vertèbres aux longs déplacements en leur sussurant des mots doux. Ce qui m’a surpris c’est ce silence à bord. J’ai toujours pensé que les Maserati étaient un enfer sur les longs trajets à cause du bruit qu’elles faisaient, mais visiblement je me trompais. Vitres fermées on pourrait être à bord d’une voiture électrique que ça ferait autant de bruit. La boîte ZF8 n’y est pas pour rien, elle permet de maintenir un régime très bas. L’échappement aussi y est pour pas mal : lorsqu’on n’en a pas besoin les clapets sont fermés et rendent le V6 presque muet. C’est donc ça une Maserati : une GT vraiment confortable, puissante et qui ne fait de bruit que quand c’est nécessaire. Ca me plait pas mal à vrai dire. Si par hasard vous aviez besoin d’un peu de mise en vitesse deux choix s’offrent à vous : les chevaux qui sont 410 à 5500 tours/minute, ou le couple dont la valeur culmine à 550 Nm dès 1750 tours/minute. En un mot tout dépassement se fait en moins de temps qu’il ne vous faut pour prononcer le mot formalité. Easy baby !

Garage des Blogs GDB OFF 122014-61

Une fois sortis de l’autoroute, j’en profite pour baisser les vitre et écouter un peu le chant de ce V6 doublement suralimenté. Rien à voir avec ce qui se passe à l’intérieur depuis notre départ de Paris. PAF BRRRRRRR VRAAAAAAAAP dans tous les sens, là où je n’avais rien eu d’autre que… rien du tout sur autoroute. Je referme les vitres : plus rien. Tout se passe réellement à l’extérieur. Serait-ce pour maintenir ses occupants dans le plus grands des conforts, tout en faisant se tourner les têtes des personnes qui voient passer la voiture ? Je pense que oui. Et c’est probablement aussi la raison principale de ma curiosité envers les Maserati depuis si longtemps : le bruit qu’elle font quand elles passent.
La route est sinueuse et un peu grasse. C’est parfait on va voir si le combiné Q4 et pneus hiver fait bon ménage ! On augmente progressivement le rythme, on freine de plus en plus tard et on remet les gaz de plus en plus tôt. L’auto est bluffante de grip, merci le système Q4 ! Les freins répondent et endurent et le comportement se permet même d’être joueur, quitte à vous surprendre lors de francs décrochage du train arrière. Mais cela s’est produit sans jamais que je me sois senti en danger, et lors de fortes sollicitations au freinage. C’est son côté latin, cette fougue qu’elle était obligée de porter sans quoi on aurait pu la traiter d’allemande, son pire cauchemar ! Tout comme sur autoroute elle privilégiera la conduite coulée au pilotage, mais elle sait être dynamique sur petites routes. Elle se laissera emmener à des vitesses folles si vous le lui demandez, mais vous aurez systématiquement l’impression d’être 50 km en dessous de ce qu’indique le compteur. C’est une GT, pas une supercar. Sa mission, c’est d’abord votre confort. Et la vitesse. Mais le confort d’abord.

A l’arrivée on descend de l’auto et on en refait le tour pour mieux en apprécier le dessin. Elle a une sacrée gueule, grand ouverte et coiffée de ce sublime trident. Un regard plus qu’affûté, vraiment acéré, à vous faire frissonner si par hasard vous le croisiez. Une ligne part des optiques pour aller jusqu’aux feux arrières et rejoindre le coffre, partie la moins réussie à mon goût mais qui n’est pas moche pour autant. Vue de derrière on ne peut pas passer à côté des 4 sorties d’échappement et des précieux ornements de la belle : le trident, les inscriptions Maserati et Ghibli.

Garage des Blogs GDB OFF 122014-19 (2)

Est-ce que cette Ghibli est digne du nom qu’elle porte, de son héritage ? A vrai dire je n’en sais rien, j’étais bien trop jeune pour m’intéresser au première Ghibli, voire je n’étais pas né. Et de toutes manières il s’en est vendu si peu à l’époque que personne ne se posera cette question dans la vraie vie.

Est-ce que je la choisirais face à la concurrence allemande ou anglaise ? Elle aurait toutes ses chances, car ce qui m’importe au fond c’est de rouler confortable, puissant, mais surtout différent (je te vois toi là-bas et ton fou-rire retenu. Je vois ce que tu as pensé, et c’est mal). Et quand bien même elle est basée sur la plateforme – plus toute jeune – de la Chrysler 300C (une cousine éloignée, mais pour ne pas vous perdre j’ai évité de vous en parler avant) et qu’elle en hérite certains attributs et équipements pas vraiment foufous, elle offre  en compensation un comportement dynamique typiquement latin, et elle ne laisse personne indifférent que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur.

Permettra-t-elle à la marque de quintupler ses ventes en 5 ans ? Même si mes amis me trouvent très intelligent, je ne suis pas devin pour autant. En revanche c’est sûr qu’elle apportera sa pierre à l’édifice et qu’elle sera l’une des actrices du phénomène « on voit de plus en plus de Maserati circuler, tu ne trouves pas ? »

Savez-vous ce qui fait le plus rire une Maserati ? Les Ghibli Ghibli. Copyright Victor, pour toute réclamation adressez-vous directement à lui.

Personnellement j’ai vraiment apprécié cette voiture, j’ai pris du plaisir à la conduire et je vous encourage à l’envisager si vous êtes sur le point d’acheter une auto de ce segment. Pour info elle existe également en diesel si vous êtes amateurs des économies de carburant et autres filtres à particules.

Garage des Blogs GDB OFF 122014-22 Garage des Blogs GDB OFF 122014-19 Garage des Blogs GDB OFF 122014-17 Garage des Blogs GDB OFF 122014-16 Garage des Blogs GDB OFF 122014-14 Garage des Blogs GDB OFF 122014-13 Garage des Blogs GDB OFF 122014-12 Garage des Blogs GDB OFF 122014-11

Garage des Blogs GDB OFF 122014-28 Garage des Blogs GDB OFF 122014-27

 

1 Comment

  • […] alternative à celle qui tiennent le marché des grandes berlines. Mon essai complet est dispo sur MyGT si vous voulez tout savoir sur cette auto. Si vous êtes pressés vous pouvez aussi vous contenter […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Rechercher

Rejoignez-nous sur

Publicité