Nos essais publié par

Essai – Jaguar F-Type V8S

Le dernier tournage Garage des Blogs était consacré aux cabriolets, et comme pour chaque épisode nous avons tenu à ce que les véhicules proposent un éventail de tarifs et de puissances. Ce sont donc quatre voitures que vous aurez le plaisir de découvrir d’ici quelques semaines dans cet épisode, et celui dont j’étais en charge était particulièrement attachant : une sublime Jaguar F-Type V8S. Voici en quelques lignes ce que j’ai pensé de cette auto qui a pour mission de rajeunir l’image de la marque anglaise.

Moteur/boîte :

V8 suralimenté par compresseur, 495 chevaux et 625 Nm de couple. Tout pourrait se résumer à ces chiffres, mais ça serait un peu réducteur. Pour rentrer plus dans le détail, ce bloc issu de la monstrueuse XKR est à la fois doux et volontaire. En conduite coulée il sait se faire discret, toujours bas dans les tours et presque pas gourmand en carburant. lorsqu’on le sollicite c’est un foudre de guerre qui vous colle au fond de votre siège, la moindre des choses me direz-vous pour ce niveau de puissance. Oui, c’est un fait ce moteur est là pour vous procurer des sensations. Mais la prouesse réside dans le fait d’avoir su en faire quelque chose de domptable pour quiconque ne cherche pas forcément à pulvériser des chronos. En conduite coulée je suis arrivée à le faire descendre à 11 litres/100, ce qui est, pour une cylindrée de 5.0 litres, une belle performance ! Pour y arriver j’ai été grandement aidé par une boîte robotisée à 8 rapports qui m’a permis de cruiser sur un filet de gaz sans jamais dépasser 2200 tours/minute. A cette allure on oublie presque toute la cavalerie dont on dispose sous le pied droit. Vous commencez probablement à me connaître, je n’ai pas résisté longtemps avant d’aller taquiner le moindre poney que pouvait délivrer la bête. Manetino sur le mode Race, clapets d’échappement ouverts, place à la conduite sportive. Le monstre s’éveille en hurlements. L’échappement se lance alors dans une symphonie envoûtante : ça claque, ça pétarade à vous en décrocher les tympans ! Collé au fond de mon siège par la formidable poussée que procure cette voiture, un sourire enfantin s’inscrit sur mon visage en un clin d’oeil. L’espace d’un instant je m’imagine pilote.  

Le mode Race, parlons-en. Il agit sur la boîte de vitesse dont il retarde les passage et les accélère, il raffermit la suspension et raidit la direction en plus de rendre les assistances de sécurité plus permissives et la pédale d’accélérateur plus sensible. C’est simple, je n’ai plus eu envie de lâcher le volant une fois ce réglage activé tant j’étais transi de bonheur. Un gosse à qui on annonce qu’il va faire sa première rencontre avec Mickey. Joie intense.  J’ai eu la chance d’essayer des voitures performantes mais la F-Type est différente : elle est à la fois sublime esthétiquement, remarquablement bien finie et surtout elle exerce sur vous un incontrôlable pouvoir d’attraction. Jamais je n’ai senti autant de regards se poser sur une voiture ou répondu à autant de questions de la part de novices ou de passionnés que pendant ce weekend au volant de la belle anglaise !

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_60

Le 0 à 100 est abattu en 4,3 secondes, et on se retrouve beaucoup trop rapidement loin au-dessus des limitations légales… A notre grand bonheur nous avons pu ignorer cette contrainte pendant une partie du tournage, l’aéro club de Berck sur Mer nous ayant donné accès à une piste de décollage goudronnée. Encore un rêve de gosse qui se réalisait, me voila dans la peau du Stig !

Châssis/transmission

Cette nouvelle Jaguar F-Type se décline en trois modèles : V6, V6-S et V8-S (modèle de notre essai). Les versions S sont typées sport et proposent un châssis raffermi, voire une suspension pilotée pour le V8. Ainsi on peut passer du mode confort au mode sport, et cerise sur le gâteau : l’échappement est adaptatif et l’ouverture de ses clapets se fait à la demande via un bouton dans l’habitacle.

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_1

Le châssis de ce V8 s’adapte parfaitement à tout type de conduite, il est rigoureux et permet  de maintenir un très haut niveau de confort même en conduite soutenue, mais sans aseptiser les sensations de conduite !  Le freinage est mordant et endurant, du moins dans des conditions aussi poussées qu’on l’a pu, sans rouler sur circuit. Le passage de la puissance au sol se fait sans sourciller, mais on est tout de même ravis lorsque la voiture se met légèrement en glisse dans les courbes. Rien d’imprévisible, cela a été pensé pour procurer du plaisir sans partir dans le décor. Bien que très permissives en mode sport, les assistances sont là pour remettre la voiture dans le droit chemin si besoin. C’est peut-être l’un des rares points de frustration que j’ai pu relever : l’impossibilité de couper complètement la correction de trajectoire qui vous rappelle à l’ordre si trop d’angle est pris. Cela ne m’a pas empêché de prendre énormément de plaisir à chaque courbe à basse ou moyenne vitesse : le train arrière se place et le dosage des gaz est facile à trouver pour maintenir une belle petite glisse. Rien que de l’écrire j’en ai le cœur qui se remet à palpiter, je crois que je suis en état de manque. Ce châssis, je ne sais pas ce qu’il en est pour les V6 et V6S, est diablement efficace et permet une prise en mains très rapide de la voiture. Cela tient très probablement à la répartition quasi parfaite (50/50) des masses. A titre de comparaison je me suis senti beaucoup plus rapidement en confiance qu’au volant de la Ferrari California 30. J’ai mis quelques heures à peine avant de commencer à essayer de m’amuser à son volant, là où je roulais encore sur des œufs au volant de l’italienne.

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_20

Intérieur/équipement

L’intérieur de la F-Type semble avoir été pensé pour le pilote : l’ensemble de la planche de bord est dirigée vers lui et toutes les commandes dont il a besoin tombent facilement sous la main. Cela ne veut pas dire que le passager est oublié : les commandes dont il peut avoir besoin sont également à sa portée et il peut aisément utiliser le système multimédia dont les commandes ont été déportées à cet effet, régler la température de la zone qui le concerne ou encore affiner au millimètre la position de son siège sans jamais entraver les mouvements du pilote.

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_21

Pensé pour le pilote donc, mais également pour le pilotage : les buses centrales de climatisation se rétractent dans la planche de bord afin d’offrir plus de visibilité aux occupants de la voiture. Un gadget certes, mais du plus bel effet ! Le Volant Sport à base plate est sobre et beau, il regroupe sans qu’il y en ait trop les commandes du système multimédia et le régulateur de vitesse. Il cache également les deux petites palettes que certains ont trouvé trop petite. Ayant de grandes mains j’ai trouvé qu’elles étaient à la bonne taille. Peut-être que cette voiture a été pensée spécialement pour moi…

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_22

Pour le reste on est bien dans une Jaguar. Les matières sont belles et nobles, les sièges Performance (en option) permettent un maintien et une position parfaits. Tout est beau, de la commande de boîte, en passant pas les boutons jusqu’au manetino qui permet de passer du mode confort au mode sport.

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_23

S’agissant d’une décapotable, le point noir de ces voitures tourne souvent autour de la capote. Celle de la F-Type est manœuvrable jusqu’à 50 km/h et il lui faut 12 secondes pour s’ouvrir ou se fermer complètement. Elle est doublée côté intérieur, si bien que capote fermée on se croirait presque dans un coupé. L’insonorisation est bonne bien qu’on entende quelques entrées d’air lorsqu’on roule un peu vite, le travail sur l’insonorisation et l’isolation est globalement très bon en comparaison avec d’autres modèles essayés.

Bilan

Cette nouvelle Jaguar F-Type remplit-elle sa mission de rajeunissement de la marque anglaise un peu vieillissante ? Oui. Dix fois oui. Le design est parfaitement actuel, le comportement est joueur et la voiture accessible même pour un pilote du dimanche, le châssis est redoutable. Seule la boîte, un simple embrayage, pourra paraître passée pour certains. Mais elle ne le paraît que sur le papier : les temps de passage sont largement à la hauteur : un peu moins rapide que celle d’une GT-R ou d’une PDK Porsche, elle est plus rapide que les boîtes de l’Aston DB9 ou de la Maserati Gran Turismo. Nous n’avons pas encore essayé les versions V6 qui, bien que moins puissantes, ne peuvent qu’être encore plus joueuses et agiles du fait de leur poids moins élevé. Cette auto marquera probablement l’histoire de la marque comme d’autres modèles mythiques l’ont fait avant elle, et on lui souhaite la réussite qu’elle mérite !

Merci Jaguar France pour nous avoir mis à disposition cette machine à rendre heureux quiconque monte à son bord, elle nous manque déjà !

Crédits photos Viinz.

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_25

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_26

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_27

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_30

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_32

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_33

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_35

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_37

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_47

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_57

GDB_S01E05_MyGT_Jaguar_F-Type_V8S_58

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Rechercher

Rejoignez-nous sur

Publicité