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Essai – Audi S1

Pour ceux qui ont l’habitude de me lire, vous savez ce que je pense des Audi portant le sigle S. Souvenez-vous, la dernière fois que je vous en parlais c’était à l’occasion de mon essai de l’actuelle Audi S3. Équilibre, puissance, efficacité hallucinante, raffinement, et… un certain manque de fun par rapport à ce qu’on peut attendre d’une GTI. quelques mois plus tard je prenais le volant d’une cousine éloignée : la Polo R WRC et son « gros » 2.0 turbo. Puissante et exclusive certes, mais souffrant d’une incapacité à passer sa puissance au sol : elle se pilote sans jamais accepter qu’on soit flat out. Un peu dommage pour une GTI également, vous en conviendrez.

C’est ce même bloc 2.0 turbo qui équipe la dernière petite sportive du groupe : la S1. Plus courte et plus légère qu’une S3, elle est est également équipée de la transmission intégrale Quattro. De quoi laisser présager plus de fun que la S3, et davantage d’efficacité que la Polo R WRC. Pour le vérifier je vous propose d’embarquer pour certaines des spéciales du rallye des Routes du Nord. C’est parti !
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En récupérant les clés de cette S1 et pendant qu’il me faisait l’article détaillé de la voiture, le responsable de la marque m’a prévenu : « tu vas voir, tous les possesseurs de GTI vont essayer de t’intimider ». Et ça n’a pas loupé : en un weekend j’ai été pris en chasse par une Cooper S, une Clio RS, une Astra OPC et j’en oublie probablement quelques autres. Pourquoi me direz-vous ? Parce que cette voiture – aussi petite soit-elle – c’est d’abord une gueule digne du sigle S : courte sur pattes, elle présente tous les attributs qui ont fait la réputation de ses grandes soeurs : une calandre béante, des coques de rétroviseur alu, de grosses jantes et quatre sorties d’échappement. C’est effectivement une provocation suffisante pour beaucoup de conducteurs à l’ego surdimensionné, ça m’a fait sourire. Il est temps de quitter Paris : on s’extirpe des bouchons et on prend le temps de scruter le cockpit de cette Audi S1. Bienvenue dans l’univers Audi : c’est parfaitement irréprochable et beau partout, mis à part un ou deux petits morceaux de plastique aux abords du frein à main, tout au plus. Le traitement et le soin apporté à l’intérieur est plus proche de l’univers des GT que de celui des GTI, regardez les photos vous comprendrez. L’instrumentation est complète, même si le GPS a pris un petit coup de vieux – la faute au modèle qui n’est plus tout jeune, mais l’installation son est très bonne.
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Sur l’autoroute, régulateur sur 130 en sixième – c’est silencieux et rudement confortable. Péage en vue, il faut s’arrêter et… redémarrer. C’est le moment de voir si comme la S3 cette S1 est elle aussi un lance-pierres. La route est sèche, mais les 230 poneys vont-ils pour autant tous passer au sol ? Oui. Pas une once de perte d’adhérence, ça motrice aussi fort que dans une Evo X ! Les rapports s’enchaînent, l’étagement est parfait mais les verrouillages de la commande manquent un peu de fermeté. Le 2.0 souffle TRES fort de 1000 à 6500 trs/min, et pour cause le couple est hallucinant pour une voiture de cette catégorie : 370 Nm ! Arrivé en bout de trois, je repasse déjà la 6 pour ne pas risquer de perdre mon permis dans la seconde. Le test du départ arrêté est passé haut la main, la S1 vous colle au fond du baquet de 0 à beaucoup trop de km/h. Et en prime elle vous ravira les tympans : je ne sais pas si les quatre sorties y sont pour quelque chose mais ça ronronne très joliment pour un turbo.

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On sort de la voie rapide, on passe un premier village et nous voilà elle et moi face à la nuit noire et à la départementale qui y serpente. A ce moment précis je suis un passionné chanceux, je ne peux pas être plus comblé que dans cette situation. Rapidement je me rends compte que cette S1 peut être pilotée de deux manières : sur la puissance ou sur le couple. On arrive à aller quasiment aussi vite dans un cas comme dans l’autre, la seule vraie différence est la fréquence à laquelle vous serez prêts à passer à la pompe, avec des consommations qui iront du simple au double. Tout est une question d’envie et d’humeur au moment où vous prendrez son volant : dans tous les cas vous passerez très très vite en courbe, à vous de décider quelle musique vous voudrez écouter. Celle qui sort des enceintes, à 3000 trs/min, ou celle du quatre pattes à 6000 trs/min sachant que la S1 sait aussi passer en un clin d’oeil du plus bas au plus haut régime, en n’ayant que très rarement besoin de rétrograder.
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En ligne droite c’est un dragster, dans les longues courbes l’adhérence est presque flippante tellement ça passe vite sans bouger. Il était tard et grand temps d’aller nous reposer. J’attendrai le lendemain pour voir ce qu’il se passe quand on la bouscule, dans des enchaînements plus rapides et plus appuyés. Avant de me coucher je profite de la pénombre pour photographier quelques détails intérieurs, une nouvelle fois ça transpire la qualité et le haut de gamme, non ?

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Premières lumières du matin, de grosses gouttes de rosée coulent sur la carrosserie rouge vif de la S1. J’en profite pour en refaire le tour et me faire un avis sur sa plastique. Très belle de face et de profil, je suis moins fan de la vue arrière et du dessin un peu torturé et en relief de ces feux. Et finalement les quatre sorties d’échappement me plaisent, c’est too much et ça pèse probablement lourd, mais ça lui donne tellement de caractère que ça aurait été dommage de les lui retirer. En parlant de poids justement elle pèse près de 200 kg de plus qu’une A1 TFSI 185 déjà pas toute maigre. Ouch. Quasiment la tonne quatre à vide, mais c’est le prix à payer pour arriver à caler une transmission Quattro sur un si petit châssis. Oui elle est lourde, mais est-elle agile ? Direction une spéciale du rallye des Routes du Nord pour répondre à cette question. Ce weekend là des amis ont fermé la portion de route pour des essais privés, parfait. Position de conduite revue pour l’attaque, et mode pilotage activé sur un peu plus de 2km. Premier passage pour chauffer les réflexes et la mécanique, puis on enchaîne crescendo. La direction est précise au millimètre, les freins mordent et endurent et, surprise, l’auto est joueuse ! Sur les gros freinages l’arrière se place, et à la remise des gaz le sous-virage est totalement absent. Sur le revêtement sec la motricité n’est JAMAIS prise à défaut : ce sont 231 chevaux disponible partout, tout le temps à chaque pression sur l’accélérateur.

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Après une petite dizaine de passages il est temps de faire le point. C’est indéniable cette Audi est une vraie sportive taillée pour l’attaque. Sur la question du poids : ça n’est pas un élément handicapant pour cette voiture, vu sa puissance et sa transmission Quattro. Mais imaginez une seconde une version radicalisée avec, allez soyons fous, 300kg de moins. J’en ai des frissons rien que d’y penser, avec ce moteur et ce châssis ça serait l’arme ultime !

Est-ce que cette S1 est un sans fautes pour autant ? Tout dépend de ce que vous en attendez. Elle est très confortable et silencieuse, ce qui est fort appréciable pour les longs trajets sur autoroute. Mais forcément ça se paye en kilogrammes d’isolation phonique. Elle se conduit du bout des doigts, mais quand il s’agit de la piloter la direction est trop souple et ne remonte que peu d’informations. Dans la même configuration, la commande de boîte qui est un régale en ville s’avère beaucoup trop molle quand on se met à attaquer. J’ai eu peur de garder le levier dans la main à plusieurs reprises, ça manque de verrouillages francs à mon goût. Ce moteur est un régal : le couple est phénoménal, il tire sans s’essouffler jusqu’à la zone rouge du compte-tours et chante divinement bien. Il m’a donné la nostalgie des moteurs qui n’étaient pas down sizés.

Si vous cherchez une GTI radicale, passez votre chemin. Si vous cherchez une citadine extrêmement bien équipée, avec une gueule d’enfer, confortable et capable de tomber des chronos en spéciale et que vous avez 33 900€ à y mettre : la S1 est faite pour vous. Essayez-là, je parie que vous signez le bon de commande dans l’heure qui suit.

Merci à Audi France pour le prêt, et retrouvez les notes attribuées à cette S1 sur le Garage des Blogs

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