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Essai – Volkswagen Scirocco R

Il y a une quinzaine de jours j’ai eu l’immense privilège de prendre le volant de la plus puissante des versions actuelles du Volkswagen Scirocco : le R 2.0 TSI 265 DSG. Avant même de partir m’évader avec la bête et jouer sur les petites routes du Rhône, j’étais déjà fier de l’avoir pour ce week-end : son Bleu Rising métallisé et ses jantes de 19″ (démesurées par rapport à la carrosserie), avaient déjà conquis leur public à son lieu de stationnement. Les gens la prenaient en photo, faisaient un tour complet… ils l’admiraient tout simplement ! Pas de chance pour vous, c’est moi qui ai les clés, c’est moi qui part avec !

Avant de me lancer dans le compte rendu complet de mes 3 jours et 1300 km passés au volant du Scirocco, un flash-back dans les années ’70 s’impose, et plus précisément en 1974, l’année de naissance du tout premier coupé basé sur la star automobile de l’époque : la Golf I. Dessiné par le grand enthousiaste automobile italien Giorgetto Giugiaro (il faut compter le design de la DeLorean DMC-12, de la Lotus Esprit de ’73, de la Ferrari 250 GT ou encore de la Renault 19 à son actif, entre autres…), le Scirocco s’impose pendant presque 20 ans comme l’un des Coupés les plus fiables au monde (la mécanique de la Golf y est pour beaucoup il faut dire). Plus de 800 000 exemplaires s’écouleront dans le monde entier entre 1974 et 1992, l’année où le modèle Scrirocco sera remplacé par Corrado…

Rappelez-vous, à ses débuts le Scirocco ressemblait à ça :

16 ans plus tard, en 2008, au salon de Genève, le Scirocco revient, et cette fois-ci Volkswagen a mis la barre encore plus haut… Toujours derivé de la Golf (sixième génération), le Scirocco s’offre le design osé du concept-car IROC que la marque avait présenté en 2006 à Paris.

Moteur :

2L turbo, 4 cylindres, 16 soupapes, 265cv… J’ai déjà entendu ça quelque part tiens ! Mais malgré de fortes ressemblances sur le papier, la différence est bien grande, et j’ai définitivement arrêté d’essayer de comparer la Megane RS Cup avec le Scirocco R car les 2 vivent dans 2 mondes parallèles : circuit et route.

Le bruit du moteur impose gentiment sa présence dès le démarrage de la voiture, à l’intérieur comme à l’extérieur, sans pour autant être dérangeant pour les gens qui prennent leur café en terrasse, et ce, sur une seule sortie  d’échappement. Je l’ai découvert un peu par hasard, mais le Scirocco R, tout comme les R32 d’ailleurs, est équipé d’un système de clapet d’échappement (sur la sortie de droite) permettant de réduire le bruit en conduite cool et au démarrage, ce qui contribue fortement à la bonne entente avec ses voisins… Le principe est très simple, il s’agit d’une soupape installée dans la sortie d’échappement empêchant les gaz de sortir à bas régime. Mais il suffit de mettre un coup d’accélérateur assez franc en mode Sport pour que le sourire de « j’adore ce bruit » revienne et ne quitte plus les lèvres (sans parler du sifflement très agréable du turbo que l’on entend avec les vitres baissées).

Châssis / Transmission :

5,8 sec est le temps qu’il faut à la bête pour abattre le 0 à 100km/h (contre les 6,1 sec de la concurrente Française). Ca accélère fort, la boîte DSG est terriblement efficace, et j’aurais même tendance à dire que qu’elle l’est un peu trop. Les passages de vitesses se font en une fraction de seconde et le fait de ne pas avoir d’à-coups (pour ne pas dire de coups de pied aux fesses) est  assez perturbant, voire frustrant à mon goût car on perd en sensation d’accélération (vraiment) forte. Mais ça reste mon avis, et vous avez tout à fait le droit de le classer dans les caprices d’un puriste de boîtes mécaniques.

Côté tenue de route, presque rien à signaler. La liaison au sol est assurée par des pneumatiques assez couteux larges (235/40/19) qui passent très bien tous les 265cv au sol et le châssis rigidifié fixe les 1353kg de la carrosserie au sol, même dans les virages bien serrés… Le seul bémol : le freinage. Je n’ai vraiment pas été convaincu par les étriers flottant (à l’avant et à l’arrière) dont le Scirocco est équipé, ça manque vraiment de mordant et de radicalité de freinage pour une voiture sportive, au point qu’à 70km/h en sautant sur les freins attendez-vous à glisser sur les derniers mètres… Je ne suis pas sûr d’être vraiment serein sur circuit avec la bestiole car il faut pouvoir l’arrêter à temps cette machine.

Design extérieur :

Outre le ronronnement très agréable du moteur et le sifflement du turbo à haut régime, il est quasiment impossible de passer inaperçu avec le Scirocco R. Son design d’une « Golf compressée » ne laisse pas indifférent même les gens qui font rarement attentions aux voitures qui passent dans la rue…

Les énormes jantes Talladega (qui sont en option) en 19″ paraissent encore plus imposantes et plus démesurées du fait des passages de roue assez étroits, et de la carrosserie Coupé qui vient s’écraser sur le châssis. Parlons de carrosserie justement, là encore on sent la démesure par laquelle ont été frappés les designers du Scirocco : les quelques 182cm de largeur de la voiture combinés avec les ailes avant et arrières (mais surtout arrières !) élargies accentuent son air musclé.

A l’arrière, la double sortie d’échappement façon gammes S ou RS de chez Audi rajoute une touche finale au look absolument dingue du Scirocco, ce look qui vous séduit dès les premiers instants !

Intérieur / équipement :

A la sortie du Scirocco il y a 3 ans, un de ses plus grands défaut était son intérieur, jugé trop basique pour une voiture qui se veut extraordinaire d’une part, et d’une qualité laissant à désirer d’autre part (les fameux intérieurs en plastique de chez VW). En 2010 tous les modèles de la marque bénéficient (enfin) d’un nouvel intérieur digne de ce nom, les plastiques tant critiqués sont remplacés par ceux d’une meilleur qualité, le tableau de bord est re-dessiné pour avoir un look dans l’ère du temps, et quant au Scirocco en particulier, il bénéficie également du volant de la Golf VI Gti. Donc pas de grande surprise une fois à bord, ça transpire la « qualité allemande », c’est sobre, simple, mais en même temps il y a tout : le GPS intégré, la connexion iPhone en Bluetooth/USB, etc…

Au premier abord, on a l’impression que les commandes au volant sont totalement inutilisables, les boutons/palettes sont vachement rapprochés, et leur nombre assez important. Mais après quelques heures passées au volant on se rend vite compte que leur place est exactement la bonne, puisqu’inconsciemment on met le régulateur, on change de musique, on passe les vitesses, on répond aux appels… je suis vraiment agréablement surpris par son ergonomie.

Une autre agréable surprise du Scirocco : la place à l’arrière. On pourrait se dire que dans une si « petite » voiture les places à l’arrière sont forcément fakes (j’ai soudainement l’image de la Honda CRZ sous les yeux), et que le coffre est fait pour transporter pas plus de 10 feuilles A4 à la fois… Rassurez-vous c’est totalement faux ! Faire un voyage à 4 sur près de 500km (avec 4 valises dans le coffre) sans avoir une seule remarque de mes passagers au sujet du confort ou de la place, ça surprend !

Conclusion :

Après avoir passé près de 1300km au volant du Scirocco, je pense avoir fait le tour de quasiment toutes les situations d’utilisation quotidienne de la voiture : faire les courses, partir en voyage à plusieurs, rouler sous la pluie, dans le brouillard, attaquer sur des petites routes (fermées et spécialement prévues pour hein !), se garer en épi, faire un créneau, mettre de l’essence (même si la première fois je me suis trompé de côté), etc… Verdict : le Scirocco R remplit parfaitement bien son rôle de la voiture sportive et confortable de tous les jours. Outre son manque de radicalité purement sportive, j’ai eu un véritable coup de coeur pour son design et cette gueule imposante.

Un grand merci à Volkswagen France et leur agence pour ce prêt qui s’avère être une première dans la blogosphère française, et à Vincent Walker pour les photos de nuit.

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