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Essai – Renault Laguna Coupé DCi 240

Le dernier coupé commercialisé par Renault était, si je ne m’abuse, Avantime. Cet ovni conçu à l’époque par Matra n’avait pas fait l’unanimité, son design et son positionnement étant trop peu en phase avec les attentes des consommateurs. Une mauvaise expérience qui n’a pas empêché Renault de remettre le couvert sur le marché des coupés 4 places et la Laguna, avec cette fois-ci plus de coeur à l’ouvrage et une attention bien plus particulière attribuée au dessin de la voiture. Retour en détails sur 350 kilomètres au volant du modèle DCi 240 Initiale.

Moteur/boîte :

Le choix de mon essai s’est orienté vers la motorisation 3.0L V6 diesel, par curiosité de voir ce que pouvait donner une telle mécanique. 240 chevaux, 450 Nm de couple et 242 km/h annoncés en pointe. Cette mécanique se fait discrète, même lorsqu’on monte haut dans les tours, on ne l’entend que très peu. L’avantage du 6 cylindres par rapport au 4, s’agissant de motorisations diesel, réside dans une sonorité beaucoup plus agréable : on n’a jamais l’impression de le sur-solliciter, il ronronne là où un quatre pattes donne l’impression de hurler. Volontaire, il vous propulse très vite à des vitesses non-autorisées sur routes ouvertes, et le 0 à 100 est abattu en 7,3 secondes. En un mot ce V6 n’a rien à envier à ses concurrents allemands en termes de performances, par contre il pêche un peu côté émissions de CO2. La mission de MyGT est de vous donner notre ressenti au volant des voitures que l’on essaye, et non de juger les engagements des constructeurs vis-à-vis des normes environnementales européennes, mais notez que vous devrez vous acquitter d’un malus écologique pour l’achat de ce véhicule.

Si le moteur m’a ravi par son volontariat, sa douceur et son couple parfois impressionnant, j’ai par contre été un peu plus déçu par la boîte automatique à six rapports. Encore une fois tout dépend de l’utilisation que vous ferez de votre voiture, mais ma sensibilité tournant principalement autour de la performance et de la sportivité, j’ai trouvé cette boîte trop lente. Que ce soit en tout automatique ou en semi-automatique, il faut compter une bonne seconde entre chaque rapport. En conduite coulée ou à grande vitesse cela n’est pas vraiment dérangeant, mais dès qu’il s’agit de jouer avec les rapports tout prend trop de temps et on a l’impression de perdre de précieuses secondes à chaque passage. Pour palier à cela je me suis adapté en maintenant, en mode semi-automatique, le régime moteur dans sa zone la plus coupleuse. En restant sur le troisième rapport on reprend vite goût à enchaîner les virages sinueux avec une vitesse qui varie entre 40 et 120 km/h et on ne pense plus qu’à ses distances de freinage et au placement de la voiture dans les courbes. Laguna n’est pas faite pour attaquer, du fait de sa boîte trop lente, mais une fois qu’on apprend à optimiser sa conduite en fonction de cette contrainte on prend conscience que la voiture a des capacités insoupçonnés pour cette catégorie de véhicules. Plus d’infos dans le paragraphe suivant.

Châssis/transmission :

Une boîte trop lente à mon goût, certes, mais un châssis digne d’une GTi ! Avec ses roues arrière directrices qui aide grandement au placement de la voiture dans les courbes, des trains avants à toute épreuve et des freins terriblement efficaces, Laguna Coupé est un régal sur petites routes. Difficile à mettre en défaut, elle ne sous-vire que très peu (attention néanmoins au freinages trop tardifs, vous avez entre les mains un gros bébé de 1.63 tonne) et son comportement est digne des meilleurs châssis développés par Renault. La direction est précise, le freinage incisif et le grip impressionnant. Cette voiture gagnerait tellement à être équipée d’une boîte manuelle, ou automatique à double-embrayage (d’autant que cette technologie est désormais présente dans le groupe, elle a fait son apparition sur Clio IV RS présentée sur le Mondial de Paris). Rêve ou réalité, on le saura bien assez tôt !

Design/Extérieur :

Les grands coupés n’ont jamais été le fort de Renault, souvenez-vous de Fuego ou d’Avantime dont on ne peut pas vraiment dire qu’ils aient fait l’unanimité. Mais là, Renault m’a très agréablement surpris avec des lignes fluides et harmonieuses, des galbes qui mixent subtilement classe et sportivité. certains détails évoquent même des noms extrêmement prestigieux, des feux d’Aston, un bouclier avant de GT italienne, en somme un design extrêmement soigné et tellement meilleur que ce que la marque avait pu nous proposer jusque-là dans ce segment. Je n’aurais pas pensé que ça serait le cas, mais sur ce point particulier Laguna Coupé est un coup de coeur !

Intérieur/équipement :

Le poste de pilotage de l’auto est soigné, la finition Initiale de notre modèle d’essai régale ses passagers de cuir surpiqué et de sièges dont le confort et le maintien sont largement à la hauteur. Deux petits bémols de mon point de vue : une position de conduite un poil haute et des plastiques brillants jolis mais qui marquent trop les traces de doigts dans l’habitacle. Autrement on retrouve les habituels limiteurs et régulateur de vitesse, la climatisation automatique bi-zone et un excellent système Hi-Fi Bose à dix enceintes qui propose la connectivité de vos appareils téléphoniques et musicaux en Bluetooth ou par câble. Pour avoir essayé quelques voitures de prestige cette année, l’intérieur et les équipements de Laguna Coupé sont à la hauteur mais donnent l’impression d’avoir un an de retard : pas de régulateur de vitesse intelligent, pas d’affichage tête haute ou de détection des lignes de la route. Mais attention, Laguna Coupé est un modèle lancé il y a trois ans, on lui pardonne donc ces petits oublis qui étaient encore inenvisageables dans un véhicule de ce prix à l’époque.

Bilan :

Si je l’avais essayée au moment de son lancement, au vu de ce que proposait alors la concurrence, Laguna Coupé aurait probablement été un coup de coeur sur toute la ligne. En effet, je lui aurais pardonné ses quelques écueils les yeux fermés impressionné par le rendement de sa mécanique et le perfectionnement de son châssis. La concurrence ayant mis les bouchées doubles depuis, force est de constater qu’il manque quelques petits équipements à ce grand coupé quatre places. Mais malgré cela j’ai pris énormément de plaisir à la conduire, voire à la piloter en allant chercher ses limites (qui étaient encore loin, l’ESP ne s’est que rarement déclenché) et le couple performances moteur/silence a été un vrai régal. Niveau consommation, l’ordinateur de bord affichait 10.2L/100 à la fin de mon essai, ce qui reste très raisonnable pour cette cylindrée et le mode de conduite sportif que j’ai adopté. En conduite coulée je suis sûr qu’on peut tenir sous la barre des 9l/100, même en ville. Encore une à qui on pourrait faire une place dans notre garage, idéale pour les longs trajets sur autoroute parce que confortable, sobre et silencieuse. Notre modèle d’essai est facturé 49 500€, il s’agissait du DCi 240 finition Initiale enboîte automatique. La gamme Laguna Coupé commence à 32 900€ avec le plus petit mais déjà suffisant DCi 150 en boîte manuelle à six rapports.

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