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Essai – Mercedes CLS Shooting Brake 350 CDI

HISTORIQUE :

2004. Allemagne. Nous assistons à la naissance d’un tout nouveau segment  automobile : le Coupé 4 portes, osé par Mercedes-Benz. Ce nouveau-né porte le nom de CLS, et il va très vite imposer sa présence sur le marché. Taillé comme un coupé, mais spacieux comme une vraie berline, le CLS plaît pour son côté exclusif et « jamais vu » (enfin, y en a qui ont essayé, mais c’était il y a longtemps et plus personne ne se souvient). En Europe le 350 CDI connaît un franc succès tandis qu’à l’autre bout de l’Atlantique on s’arrache son analogue essence, le 350 CGI.

Le CLS est doté du charme d’un coupé et du confort d’une berline, c’est ce côté 2 en 1 qui inquiète sérieusement la concurrence. En plus des coupés (SL, CL, E coupé) et berlines (C, E , S) déjà existants et très populaires, Mercedes marque encore plus sa présence sur les segments de la grosse voiture luxueuse (je sais j’ai un peu inventé ce segment, mais vous me comprenez). Le premier à avoir réagi à l’invasion des CLS et à avoir profité du nouveau créneau fut Porsche avec le lancement de la Panamera en 2009. Mais bien qu’elle ne connaisse pas le succès de la Mercedes (sûrement à cause du prix), une chose est bien sûre : le segment du coupé 4 portes est bel et bien là, et il est loin de déplaire au public. Chez Audi on suit également la tendance et en 2010 (l’année de lancement de la nouvelle version de CLS) on voit apparaître le chiffre 7 dans les modèles de la marque, une première. La A7 (décliné en S7 tout récemment) est suivie par la Série 6 Grand Coupé apparue en 2012.

C’était il y a 9 ans. Mercedes décidait d’innover, d’aller là où les autres n’osaient pas aller, d’apporter sa touche révolutionnaire sur le marché ! C’est fait. Tout le monde a suivi. Challenge completed.

Mais les ambitions de la marque n’ont pas de limites (souvenons-nous de la nouvelle Classe A), l’année dernière au Mondial de l’Automobile de Paris on lève le voile sur la version Shooting Brake de ce coupé 4 portes déjà devenu mythique. Long de presque 5 mètres, cet hybride de Mercedes se retrouve encore une fois orphelin dans son milieu puisqu’il est le seul à pouvoir être qualifié de coupé-Brake (ou Brake-coupé, comme on veut).

 

MON CLS SHOOTING BRAKE A MOI :

Dans le cadre du Garage des Blogs, Brice, notre Dieu et réalisateur a besoin d’énormément de matos de tournage pour arriver à la qualité des vidéos que l’on a aujourd’hui : les sliders de travelings, les trépieds, etc. De plus les 48h que l’on passe à l’extérieur de Paris (en Bourgogne en l’occurrence) nécessitent un minimum de bagages. 13 décembre, J-1 avant le tournage, je me rends dans le studio de Brice. Ses 5 sacs prennent tranquillement place dans le coffre. Je me dis que j’aurais même pu venir avec mon piano (j’ai hésité entre piano et éléphant, mais finalement le piano c’est plus crédible) car le coffre n’est même pas rempli à moitié…  Je charge mes affaires dans la voiture également, je ne sais pas vraiment où je vais dormir le soir-même donc dans le doute je prend un matelas gonflable. Et puisque je suis sympa, je prends même 4 couettes supplémentaires pour mes amis garagistes qui venaient au tournage en cabriolet avec le volume de coffre semblable à celui d’une boites à gants… Il ne me manque plus qu’à récupérer Marie (et ses affaires) avant le tournage et je suis bon pour prendre la route. Son sac rentre difficilement dans le coffre, mais il rentre quand même, les 2 places à l’arrières sont toujours disponibles, nous pouvons enfin prendre la route avec un nombre de bagages impressionnant.  Retour sur ces 1100 km au volant de la Mercedes CLS Shotting Brake 350 CDI.

LOOK/DESIGN :

Le CLS Shooting Brake est naturellement basé sur le CLS classique, bénéficiant ainsi des valeurs sûres de ses lignes et de son équipement. Bien que l’arrière ait fortement été inspiré par celui de la Classe R, l’un des rares modèles de la marque que je n’aime pas, il reste néanmoins beaucoup plus affiné et moins imposant. En 3/4 arrière on se rend parfaitement compte de l’élégance, si ce n’est de la perfection de ses lignes. Elles sont à la fois agressives et discrètes, j’aime vraiment cette espèce d’intelligence dans le dessin de la carrosserie où tout a un sens, tout trait dépend d’un autre, tout est lié. Ces lignes que l’on retrouve jusque sur les jantes : les magnifiques AMG en 19″.

INTERIEUR :

Pas de grande surprise dans l’habitacle, c’est classe et sobre, c’est Mercedes ! On retrouve les éléments communs aux autres classes, comme le GPS, le volant ou encore le tableau de bord. On prend vite ses aises. Les sièges électriques permettent un réglage vraiment minutieux, le dos est parfaitement bien maintenu, même en conduite sportive. Rien de révolutionnaire, mais toujours très agréable, ces mêmes sièges sont chauffants et climatisés (sauf à l’arrière), ce qui permet de se réconcilier avec le cuir en cas de températures extrêmes. Et en cas de déclenchement d’ESP à grande vitesse (imaginons une situation dangereuse où votre voiture glisserait dans un virage à 110km/h), les sièges se resserrent légèrement (mais très efficacement) sur vous et votre passager, la ceinture vous plaque au dossier, de manière à mieux vous maintenir en cas d’un éventuel impact.

Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, le mot-clé principal de l’esprit de la marque est l’innovation, et parfois ça se traduit par des choses absolument délirantes. Revenons au fameux tableau de bord qui m’est tant familier après quelques jours de balade en Slovénie au volant de la Classe A. La navigation sur l’écran principal s’effectue à l’aide d’un joystick situé sur la colonne centrale, là où l’on trouve habituellement le frein à main. On le tourne pour naviguer, on appuie dessus pour sélectionner un menu, jusque-là ça reste simple et intuitif. Mais les choses se compliquent lorsque l’on veut faire autre chose qu’entrer une destination ou changer la radio. Le menu Media par exemple permet de faire tout un tas de choses en étant connecté à la 3G : écouter de la musique en streaming, aller sur internet, programmer des tweets etc. Le problème, c’est de se connecter. Mon iPhone 4S n’est à priori pas compatible avec ce système hyper high tech, ou alors je suis vraiment mauvais. Il semble qu’une application sur smartphone permette de faire cette liaison (en encore plein d’autres choses), mais est-elle déjà dispo ? Pour quel téléphone ? Sur l’AppStore une recherche par « Mercedes » n’aboutit à rien qui puisse y ressembler.

Bref, l’utilisation avancée de l’électronique embarquée peut s’avérer extrêmement difficile. Pour finir, mais ça doit vraiment être moi qui ai du mal avec la technologie, je n’ai jamais réussi à afficher la consommation moyenne sur le l’ordinateur de bord. Passons.

CHASSIS/TRANSMISSION :

Le CLS Shooting Brake est avant tout une routière. Aussi bien sur route que sur autoroute on prend un malin plaisir à avaler les kilomètres dans un calme et un confort absolu. L’habitacle étant parfaitement bien isolé des bruits extérieurs, on ne se rend que très difficilement compte de la vitesse à laquelle on roule, les limiteur et régulateur de vitesse associés aux autres aides à la conduite y sont plus que bienvenus pour éviter les mauvaises surprises.

La boite auto à 7 rapports est extrêmement efficace. Bien que le 0 à 100km/h soit abattu en moins de 7 sec, la boite auto à 7 rapports à été conçue pour votre confort plus que pour la sportivité.  Même le mode sport n’apporte pas cette sensation de coup de pied aux fesses. Mais entre nous, on n’achète pas un CLS SB 350 CDI pour ça. Quant aux palettes au volant, leur taille et leur position ne sont pas vraiment convaincantes pour une utilisation quotidienne, personnellement j’ai assez vite banni le mode séquentiel pour lui préférer le full automatique qui brille par sa discrétion et son confort.

En revanche, à ma grande surprise et malgré un gabarit vraiment imposant (4,956 x 1,881 x 1,416 mètres pour 1955 kilos), le Shooting Brake est incroyablement joueur sur petites routes !  Ce même châssis surprenant de confort sur de long trajets s’avère être une merveille en matière de tenue de route en conduite dynamique. Il suffit d’activer le mode « sport », les suspensions se raffermissent et on s’amuse à tendre ses trajectoires.Les 265ch du 3L V6 sont passés au sol uniquement sur les roues arrières, ce qui rajoute une bonne touche de fun dans les petites courbes. Attention, je dis bien qu’il s’agit d’un routière qui sait jouer sur petites routes. En aucun cas ce véhicule n’est une voiture sportive à proprement parler, c’est même un non sens si on en juge par son poids.

Si JE DEVAIS EN CONCLURE :

Mes histoires avec Mercedes finissent souvent en coup de coeur. Ma première voiture a été une Classe C 220D de 1997 : pas de turbo, un dynamisme proche du zéro, des pièces (souvent françaises) peu fiables, mais malgré tout un confort de conduite surprenant et attachant. Ça n’a pas été facile de m’en séparer, mais une fois atteints les 400 000km,  il était temps de changer.

Quelques années plus tard je me suis rendu en Slovénie pour prendre en main la nouvelle Classe A qui avait déjà fait beaucoup parler d’elle à l’époque. Quelques centaines de kilomètres plus tard je tombais complètement sous son charme, ses traits inspirés par le mouvement du sable dans le désert ont eu raison de moi. Ce fut le coup de coeur Mercedes numéro 2.

Concernant le CLS Shooting Brake, son look improbable, ses lignes majestueuses, son caractère « bad boy » et surtout son confort ont été autant de raisons pour qu’un nouveau coup de coeur ait lieu – même si son prix frôle la folie (près de 80 000€ pour le modèle essayé).

A l’issue de mon road-trip au volant de la bête j’ai constaté une consommation moyenne de près de 12L/100km, ce qui est exactement 2 fois supérieur à la valeur annoncée par Mercedes. Mais étant donné les conditions de ce test (très orienté conduite sportive) je suis agréablement surpris car je m’attendais franchement à plus. Beaucoup plus.

J’oubliais. Avec ses 5 mètres de long le CLS Shooting Brake est la voiture la plus longue que j’ai conduite jusqu’alors. Je me suis donc posé une question très idiote à laquelle je voulais absolument répondre : peut-on dormir dans un CLS Hooting Brake ? Une fois les sièges arrières rabattus, la réponse est OUI. Et je rajouterai même qu’on y dort très bien…

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