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Essai – Citroën DS3 Racing

C’est à l’occasion du tournage du premier épisode du Garage des Blogs dont vous avez peut-être déjà vu le teaser, que j’ai pu essayer DS3-R trois jours durant. Illustrant à la fois le retour réussi de la marque « DS » si chère à Citroën, et la suprématie des chevrons en rallye WRC, j’étais impatient de me faire mon propre avis sur la bestiole ! Attachez vos ceintures, nous prenons la route pour mille kilomètres au volant de la bestiole.

Moteur / boite :

DS3-Racing est animée par bloc 1.6 turbo qu’on retrouve chez certaines de ses soeurs ou cousines, dont la programmation et la gestion électronique ont été revus pour lui donner un caractère spécifique. Il développe 203 chevaux à 6000 tr/min et 275 Nm de couple dès 2000 tr/min. volontaire, le moteur souffle fort et la puissance passe correctement au sol. Efficace donc, mais j’ai trouvé qu’il manquait un petit peu d’effet « coup de pied au fesses » que j’aime retrouver sur certaines mécaniques turbo. Doux à bas régime, il suffit de le solliciter d’une pression sur la pédale de droite pour qu’il grimpe jusqu’à 7000 dans les tours sans présenter aucun trou de puissance. Efficace vous dis-je, ça ronronne quand on le caresse et ça sort les crocs quand on veut déchaîner les enfers !

Côté boîte, l’étagement est proche de la perfection : c’est court et ça permet d’exploiter au mieux le couple et la puissance de l’engin. Sur autoroute on passe la 6 et on oublie le levier de vitesses, gros avantage d’un moteur suralimenté : dès 2000 tr/min ça repart tout seul, en tous cas largement assez pour effectuer un dépassement sur ce type de tracé. Sur circuit il faut s’habituer à ne pas brusquer la commande des gaz sur les premiers rapports, car même si les trains roulants sont performants et qu’ils arrivent à encaisser les 200 poneys, il reste le couple qui, si on ne fait pas attention, aura vite fait d’user un jeu de pneus. Seule critique que j’apporterais à la boîte 6, que je trouve encore une fois parfaitement étagée : la commande/levier de vitesses : les verrouillages ne sont pas assez fermes, la course est presque trop longue et m’a donné l’impression d’être exactement la même que sur toutes les autres DS3 moins puissantes et pointues.

Châssis / transmission :

J’imagine que vous savez ce qu’est un rail de chemin de fer ? Et bien DS3-R pourrait être un synonyme de ce mot tant elle file droit et elle est difficile à mettre en défaut. Vous allez finir par croire que je trouve toutes les voitures efficaces, mais elle n’a strictement rien à envier aux excellentes Renault et Abarth s’agissant de conception/efficacité de châssis, et c’est là un excellent point ! Citroën entre dans le vrai monde de ceux qui savent concevoir des voitures utilisables au quotidien et terriblement efficaces lorsqu’il s’agit d’attaquer des trajectoires ! Niveau transmission c’est tout aussi optimal, si ce n’est la gestion du passage du couple au sol qui demande un petit temps d’adaptation. Grand adepte des moteurs atmosphériques (à l’ancienne), j’ai dû accentuer un peu plus la progressivité de mes accélérations (sur circuit) afin de maintenir le grip à son meilleur niveau. Notez bien que je parle du couple, et non de la puissance qui elle passe parfaitement même sur sol humide. Une fois qu’on s’est habitués, DS3 devient une arme taillée pour l’attaque. On se retrouve très (trop ?) rapidement à des vitesses affolantes, j’ai même été surpris en regardant le compteur plus d’une fois lors de dépassements. Un bon point certes, mais qui attrait en partie à ce qui selon moi est un défaut pour une voiture sportive : le manque de sonorité ressentie dans l’habitacle. Citroën a certainement voulu accentuer le côté utilisable au quotidien, ce qui a eu pour effet d’aseptiser un trait caractéristique des voitures sportives : les décibels. Attention donc si vous la prenez en main, pensez au limiteur et à jeter des coups d’oeils réguliers au tachymètre.

Design / extérieur :

La gamme DS marque une vraie rupture dans le design de la marque aux chevrons : les lignes sont tirées, les angles presque exagérés, les galbes exacerbés. Personnellement j’adore, la rupture me plait énormément s’agissant de design. Par contre, et concernant la déclinaison Racing en particulier, je n’ai pas aimé la multitude de stickers qui ont été apposés ça et là sur la carrosserie et dans l’habitacle. Le rendu visuel est, à mon goût, trop enfantin/éloigné de l’esprit purement sportif de l’auto. J’ai d’ailleurs posé la question à quelques personnes, et les avis sont mitigés : 60% n’ont pas aimé, 40% ont adoré les stickers en question. Comme on dit, les goûts et les couleurs…

La DS3-R de mon essai arborait du carbone (du vrai) à profusion, et là ça m’a plus à l’inverse des stickers. Dans les contreforts de portières, sur les ailes, dans les pares-chocs, le carbone donne une impression de robustesse et affirme la filiation avec la voiture de Sébastien Loeb neuf fois championne du monde ! Autre coup de coeur : les jantes de 18 pouces peintes en noir mat, un régal pour les yeux. En revanche au quotidien elles sont quasi inutilisable : leur dessin empêche toute protection de la part des pneus, et j’ai vécu pendant trois jours avec l’angoisse de me garer trop près d’un trottoir. Il s’agit peut-être d’un acte manqué, mais c’est finalement de nuit sur une départementale que j’ai fait un poc sur l’avant-droite. Manque de visibilité à cause d’une pluie battante, je suis tombé dans un nid de poule à 60km/h, et après vérification la jante avait bien été touchée. Rien de grave, avec un peu de papier de verre et de peinture la réparation aurait effacé toute trace de blessure. Mais tout de même, ces jantes sont aussi belles que fragiles et exposées.

Intérieur / équipement :

Ouvrir la portière de DS3-R et voir ses sièges c’est commencer à se prendre pour un pilote de rallye : leur dessin est digne des plus beaux baquets de course typés confort, et on s’y installe avec excitation ! Une fois tous les réglages de siège, de position du volant et de rétroviseurs faits on n’a plus envie de quitter cet endroit, encore bravo Citroën de n’avoir pas lésiné sur ces éléments primordiaux dans un véhicule sportif ! Tout tombe ensuite sous la main, ou presque : le GPS ne pourra être utilisé qu’à l’arrêt complet du véhicule car sa molette de commande se trouve sur l’autoradio et vous force à quitter la route des yeux. Ce défaut est également applicable à l’autoradio qui, tant que vous ne connaîtrez pas par coeur l’emplacement des boutons, vous force à baisser les yeux pour l’utiliser. Autrement on retrouve du carbone un peu partout et un volant en cuir qui présente un plat sur sa partie inférieure, tout est là pour rappeler l’esprit Racing, et ça m’a drôlement séduit encore une fois.

Bilan :

Après avoir parcouru mille kilomètres dans le baquet de DS3-R, pour commencer je n’ai pas eu mal au dos et ne me suis pas non plus plaint de suspensions trop souples (vous connaissez mon intégrisme des châssis fermes). Au-delà de vous informer sur l’état de mes vertèbres, cette image exprime le fait que Citroën est parvenu à combiner confort et fermeté sans pour autant faire de compromis. C’est raide aux suspensions et suffisamment moelleux aux sièges, et jusque-là une seule voiture (et pas n’importe laquelle) m’avait donné la même impression !

Il y a quelques années on se plaignait du retour des moteurs essences suralimentés qui avaient pour défaut principal d’être extrêmement gourmands. Je peux vous confirmer que ça n’est plus le cas : en conduite toujours dynamique, avec près de 100 kilomètres parcourus sur circuit et un rupteur très souvent chatouillé, la consommation moyenne de mon essai était d’à peine 10L/100km. DS3-R sait donc rester sobre malgré la suralimentation, et vous propulsera dans les tours dès que vous le lui demanderez.

Une excellente voiture de sport donc, qui ne vous ruinera pas chaque fois que vous voudrez vous amuser un peu. Pour la rendre parfaite je retirerais tous les stickers qui viennent (selon moi, encore une fois) gâcher un très joli design et je ferais installer un échappement un peu plus ouvert que celui d’origine pour ne rien manquer des vocalises de son moteur. Merci Citroën France de nous avoir fait confiance en nous prêtant ce véhicule, et nous sommes impatients de savoir ce que vous nous réservez pour DS4 à qui la lettre R irait à ravir !

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