Actualités publié par

Essai – Abarth Punto Evo EsseEsse

Abarth est la toute première marque pour qui nous avons réalisé un essai libre, c’était il y a un peu plus d’un an pour la 500 EsseEsse. Bouille craquante, plus masculine que sa cousine Fiat, son efficacité nous avait conquis malgré quelques petits défauts (il en faut bien). Le weekend dernier c’est sa grande soeur Punto Evo avec kit EsseEsse que nous sommes allés récupérer pour réaliser un essai le temps d’un weekend. Le kit EsseEsse en détail ce sont :

  • un turbo Garett,
  • des injecteurs spécifiques,
  • des jantes à bâtons de 18 pouces (blanc ou titane) montées en Pirelli P Zero Nero,
  •  des disques ventilés/perforés de 305mm à l’avant pincés par des étriers Brembo,
  • des amortisseurs/ressorts Koni raffermis (-20mm),
  • un filtre à air BMC et un échappement à double sortie en partie libéré.

Retour sur mille kilomètres dans les baquets de la belle italienne.

Moteur :

Le coeur qui fait battre Punto est le même 1368 cm3 que sur celui de la 500, mais dont la puissance a été portée à 180 chevaux avec le kit EsseEsse. Pour arriver à le pousser autant, une petite re-programmation et la pose d’un turbo Garett GT1446 à géométrie fixe on été nécessaires, ainsi qu’un échappement en partie libéré pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Ce moteur est présent dès 2000 trs/min, le couple maxi (270 Nm) est atteint à 3000 trs/min tout rond et le point culminant de la puissance se trouve à 5750 trs/min. Pour exploiter ce petit (mais très costaud) moteur, Abarth a opté pour une boîte 6 (alors que la 500 se contente de 5 rapports) que nous avons trouvée parfaitement étagée, mais dont les verrouillages nous ont parus un poil imprécis. Après quelques heures d’entraînement nous nous y sommes finalement habitués, une bête sauvage ça se dompte.

L’avis de Saâd :

Le turbo Garett souffle très fort, tant en ressenti qu’au niveau sonore : il m’a d’ailleurs rappelé ces turbos « à l’ancienne » qui vous mettaient un coup de pied au derrière en se déclenchant (Gt Turbo, Fiat Coupé Turbo 190, Lancia Delta HF…). La montée en puissance ne se fait donc pas dans la dentelle, mais bel et bien brutalement et c’est tant mieux : le 0 à 100 est abattu en 7,5 secondes dans un vrombissement qui passe du rauque à l’aigu et en vous plaquant au fond de votre baquet (signé Sabelt) !

L’avis de Victor :

J’accorde une énorme importance à la sonorité du moteur/échappement d’une voiture de sport, et la Punto met la barre très haut à ce niveau là. A partir de 3000trs/min le sifflement du turbo se rajoute au son rauque et agressif du moteur, et c’est aussi à ce moment là que l’on reçoit le fameux coup de pied dont Saâd parle plus haut. Outre la sonorité, au niveau des performances pures la Punto est plus que plaisante. En mode sport (parce qu’il existe un mode « normal » aussi, mais je ne m’en suis servi que pendant 200m), le moteur répond spontanément, et il répond franchement fort.

Châssis/transmission :

S’il fallait résumer ce paragraphe en un mot, ça serait « rigidité », écrit en gros et en majuscules. Ressorts/amortisseurs Koni, châssis renforcé et baquets Sabelt font de la Punto EsseEsse une voiture totalement inconfortable pour une utilisation quotidienne, mais furieusement efficace en conduite sportive. Le terrain de jeu préféré de la bête sont les petites routes et le circuit : quelle que soit la vitesse on ressent les moindres bosselages de l’asphalte et la voiture est toujours prête à attaquer plus fort. Elle se place, et répond parfaitement sans jamais quitter la trajectoire demandée. Le freinage est un sans-fautes, les disques perforés/ventilés à l’avant et perforés à l’arrière pincés par les étriers Brembo procurent mordant, endurance et précision en toutes circonstances. Seul bémol : un ESP non déconnectable.

L’avis de Saâd :

Sur autoroute on en vient à se demander si on n’est pas dans une voiture de rallye, ça vous fait sautiller continuellement et vos vertèbres le ressentent rapidement. Dès qu’on quitte les grands axes ou qu’on attaque sur circuit on a le sentiment que personne ne pourra nous rattraper : ça grip, ça pousse et ça freine très fort ! J’aime les voitures raides sans concessions, du coup j’ai aimé Punto EsseEsse pour ces aspects. Cependant l’impossibilité de déconnecter l’ESP m’a embêté, car bien qu’il soit permissif (je ne l’ai vu s’activer que très rarement malgré une conduite musclée) je me sens plus libre de mes faits et gestes quand j’ai la possibilité de déconnecter les assistances d’une voiture.

L’avis de Victor :

La Punto Esse Esse est sans doute l’une des sportives (dans sa catégorie) les plus raides que j’ai essayée, à tel point qu’il m’a fallu 24h pour me débarrasser du mal de dos à l’issus des 1000km parcourus, mais entre nous, aucun regret. Lorsque l’on joue le rôle de pilote avec la Punto, elle joue parfaitement bien le sien : celui d’une voiture de sport digne de ce nom. La tenue de route est exemplaire, et c’est dans le virages que l’on s’en rend le mieux compte, elle nous permet d’oser les courbes un peu limites (surtout à grande vitesse) sans pour autant nous montrer un quelconque signe de faiblesse ou signal d’alarme.

Intérieur/équipement :

L’intérieur de Punto risque d’en décevoir certains : plastiques durs et peu agréables au toucher, commandes peu ergonomiques qui rappellent certaines voitures du groupe d’un autre temps (Lancia Delta/Dedra, Fiat Punto de précédente génération pour les comodos par exemple). Cela dit l’auto dispose d’une climatisation automatique bi-zone, d’un régulateur de vitesse, d’une installation hi-fi très satisfaisante et d’un ensemble volant/pédales/commande de boîte (qu’il faut apprivoiser) qui ne déçoivent pas si on n’attend d’eux que de la sportivité.

L’avis de Saâd :

Même si tout ce qu’on peut attendre d’une voiture de cette gamme est bien là, la présentation et le choix des matériaux est un peu obsolète par rapport à ce que propose la concurrence. Par contre les vrais baquets Sabelt sont un pur régal, encore une fois on se sent parfaitement maintenus comme dans une voiture de compétition. Personnellement le moteur et le comportement de la voiture m’ont rapidement fait oublier les défauts de l’habitacle, mais cela pourrait ne pas être le cas de tout le monde.

L’avis de Victor :

Une fois installé dans le baquet Sabelt, il n’y a plus aucun doute, on est dans une vraie voiture de sport. Mais cela sous-entend également que l’on doit oublier une grande partie du confort quotidien (auquel on s’habitue si vite), comme par exemple le GPS (vendu en option) ou le bluetooth. J’ai trouvé vraiment dommage que l’auto-radio ne soit compatible qu’avec l’ancienne génération des iPod (et pas du tout compatible avec iPhone), car le caisson de basse installé dans le coffre me donnait vraiment envie de mettre Master of Puppets à fond…

Bilan :

Si vous recherchez une sportive sans concessions, raide et efficace, au look et au comportement agressifs ET que vous n’accordez que peu d’importance au plastiques d’une planche de bord, alors Punto Abarth EsseEsse est faite pour vous. A noter également que si vous êtes fragiles du dos, oubliez la version EsseEsse et optez plutôt pour une Abarth « classique » avec des sièges plus moelleux et un amortissement un poil plus souple.

Pour notre part, et comme vous avez pu le lire ci-dessus, sa sportivité nous a conquis et nous l’achèterions volontiers pour cette raison. En parlant d’acheter justement, l’Abarth Punto Evo coûte 19 500 € en version classique (165 chevaux) auxquels il faudra ajouter près de 4 149 € si vous voulez bénéficier du gros turbo Garett, des injecteurs spécifiques, de l’échappement, du filtre à air BMC, des gros freins et des ressorts/amortisseurs Koni. soit 23 649 € au total pour une voiture quasiment prête à une utilisation ultra-sportive voire compétition (il ne manque que l’arceau pour compléter le tableau). A ce prix là elle se positionne à peu de choses près au même prix qu’un Clio RS avec châssis Cup, tout aussi efficace mais au comportement moteur différent.

Sur les 1126 Km parcourus en quatre jours, nous avons fait 25% d’autoroute, 25% d’urbain et 50% de conduite très sportive. La consommation moyenne affichait 10.4l/100 à la fin du weekend, ce qui reste raisonnable pour une telle utilisation, d’autant que le mode Sport était constamment activé. Merci Abarth France d’avoir joué le jeu et de nous avoir mis l’auto à disposition pendant quatre jours !

 

2 Comments

  • la Punto de « base » (165 ch) dispose aussi du turbo Garett

    • Tu as tout à fait raison, je viens de vérifier et le Turbo est le même sur les deux versions 165 et 180 chevaux. Merci pour la précision !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Rechercher

Rejoignez-nous sur

Publicité